Monteur vidéo
Le problème avec les prestataires de service
Votre plus gros client peut vous licencier par SMS. Et vous appelez ça être indépendant.
Parlons de vos journées.
Les rushes arrivent en retard. Le brief change en cours de route. On vous demande « juste un petit changement » à vingt-trois heures. Le troisième aller-retour n'était pas prévu au devis, vous le faites quand même, parce que vous voulez que le client soit content.
Il est content. Il paie à soixante jours.
Et votre acquisition ?
Votre showreel. Il tourne en boucle sur votre profil. Il impressionne d'autres monteurs, qui vous mettent des flammes en commentaire et ne vous enverront jamais un centime.
Les groupes. Vous y guettez les annonces. Vous répondez dans les dix minutes, fier de votre réactivité. Vous êtes le douzième à répondre. Celui qui décroche est celui qui a cassé son tarif — et la prochaine fois, ce sera vous qui casserez.
Et puis il y a l'agence. Celle qui vous sous-traite. Du volume, régulier, tous les mois. Vous avez été tellement soulagé le jour où c'est arrivé.
Et vous avez arrêté de chercher.
C'est là que le piège s'est refermé, et vous ne l'avez même pas entendu.
Aujourd'hui, ce client représente une part énorme de votre chiffre. Ce n'est plus un client. C'est un employeur qui ne vous paie ni congés, ni charges, ni matériel, ni arrêt maladie, et qui peut vous couper demain matin en trois lignes.
Vous le savez. Vous y pensez le soir, parfois.
Et vous ne faites rien. Parce que chercher d'autres clients demanderait du temps — et ce temps, vous le passez à monter les vidéos du seul que vous avez.
Vous n'avez pas construit une entreprise.
Vous avez construit une dépendance, et vous l'avez appelée liberté.
Il vous reste combien de mois si demain il arrête ?
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